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Ici les Neurones sont Rois !
Toutefois... décimés par une inexplicable épidémie... Ils se raréfient ! Dès qu'il y en a
un qui disparaît, il n'est pas remplacé !
"Cela fera de la place pour les autres..." pourriez-vous argumenter ! Je m'inquiète quand même !
Donc... Afin d'éviter que le Royaume ne soit à brève échéance, totalement déserté par ses sujets, je ne vois
plus qu'une seule solution ! Il faut les maintenir en éveil, avec des perfusions... d'humour, et l'injection de massives doses... d'amour !


A VOS MOUCHOIRS, MAMANS, LES ENFANTS QUITTENT LE NID !
(Dédié à toutes les mamans)
Neuf mois, on les a portés.
L'un après l'autre, ils ont vite formé la nichée.
Il y a eu l'époque de la layette,
Puis celle des risettes.
Les premiers pas, les premiers mots,
Même les gros mots,
Alors qu'ils n'allaient pas encore au pot.
Il y a eu : la varicelle, la rougeole,
Les oreillons, la scarlatine, même la rubéole,
Et les interminables nuits de veille.
Au matin on se sentait devenir vieilles.
Vite ! L'école nous les prend...
Maternelle, Primaire, passe le temps!
Il faut punir, gronder,
Faire la morale "de mon temps... jamais...".
Et un matin, dans une glace,
"Dieu que le temps passe!",
On s'aperçoit qu'en taille, ils nous dépassent.
"Hé ! Doucement les basses... »
A table, on ne peut plus les maîtriser.
Enfin, on croit pouvoir souffler,
Car bientôt, ils vont s'en aller,
Etudes, travail, mariage, armée...
Au début on ne comprend pas, car ils ont laissé,
Cà et là, traîner quelques objets familiers.
On souhaiterait les voir s'animer, mais rien ne vient,
Alors ! Le vide nous étreint.
Allons Mamans ! Vous ne leur avez pas, la vie, donnée,
Pour en échange, toujours les garder.
Près de vous, regardez un peu !
Car, même s'il a pris... un coup... de vieux,
Votre compagnon, votre époux, leur Papa,
Lui !... Il est encore... là.
Jeanine Gardye
(1er Prix poésie Libre 1982 -S.p.a.f-Midi-Pyrénées)



