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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 23:34
1944 (extrait des souvenirs ont la vie dure...)

1944. Je séjournais très souvent chez mes grands-parents maternels près d’Alençon. Un jour un soldat Allemand s’est présenté, muni de bons de ravitaillement tout ce qu’il y avait de plus réguliers. Il venait retirer le quota de beurre, obligatoirement réservé à l'occupant. Il n'y avait rien à faire, puisque mon grand-père avait été réquisitionné, il ne pouvait qu’obtempérer.
Au fond de moi, j'aurais aimé que mon grand-père refuse, de céder sa marchandise aux allemands, après tout son gendre, le père de ses petits enfants avait été emmené en déportation. Cela me semblait une raison suffisante. Mais « pépère » ne devait pas avoir atteint le degré de folie ou d'héroïsme que j'aurais aimé lui voir atteindre. Il était avant tout un commerçant contraint de vendre ses produits. Il n'avait plus le choix de sa clientèle et cela durait depuis 4 ans !
Alors que le soldat attendait de prendre livraison de sa" commande " et réglait apparemment quelques détails administratifs avec mes grands-parents, je me suis approchée de lui, ai tiré sur sa veste et lui ai demandé :
- Hé ! t’as pas des bonbons ?...
Surpris, l'allemand me répondit :
- Non!...
J'insistais :
- T'es sur... t'as pas des bonbons?
Et l'autre de me répondre avec courtoisie et dans un Français impeccable :
- Non...mademoiselle... je n'ai pas de bonbons à vous offrir, et je le regrette, croyez-moi...
Alors, bien plantée devant lui, en levant la tête bien droite afin qu'il me regarde dans les yeux, je lui ai rétorqué:
- Hé bien!... l’Anglais qu’est venu hier... il m’en a donné... lui !...
Et de lui tourner immédiatement le dos avec dédain toute fière de ma tirade. Un silence de mort plana quelques instants. Le soldat était totalement décontenancé. Mes grands parents aussi ! Mon grand-père se voyait déjà arrêté puis, conduit au peloton d’exécution - refusant avec panache qu’on lui bande les yeux -. Ma grand-mère qui avait heureusement pour nous tous, le sens de la répartie se mit à rire :
- Ah ces enfants !... Il ne faut pas faire attention !... Ils racontent n’importe quoi... Et de rire encore plus fort... afin de désarçonner l’adversaire, qui était figé par la stupeur.
Il prit toutefois le parti de rire lui aussi, même si son sourire était un peu crispé. Une seule raison pouvait expliquer son attitude aussi impassible, son moral devait être déjà, à la défaite, pour qu’il n’ait pas éprouvé le besoin de réagir autrement.
Après son départ, j’ai été rudement sermonnée, surtout par mon grand-père. Je crois, que si j'avais été seule avec lui, il m'aurait infligé une magistrale correction. Je l'avais peut-être méritée. Il avait eu une telle frayeur que sa colère était démesurée. Heureusement pour moi, ma grand-mère me faisait un rempart de son corps. Et puis, elle criait plus fort que mon grand-père:
- Cela ne sert à rien Edmond... elle ne sait pas ce qu'elle dit cette pauvre petite...
- Elle ne sait rien... attends un peu, je vais lui apprendre à se taire... Non mais... tu te rends compte de ce que nous risquons ? Je vais lui passer l'envie de recommencer...
- Ça non ! Je te l'interdis... Personne ne touchera un seul de ses cheveux... je te le garantis... N'est-ce pas ma chérie que tu ne sais pas ce que tu dis, ajouta-t-elle en se tournant vers moi.
Je mis mes deux mains sur mes hanches, et ponctuant ma réponse d'un grand élan de la tête, je lui répondis :
- Si ! Je sais ce que je dis... j'aime pas les Allemands...na !
Et soudain rouge comme une crête de coq, et tapant du pied, j'ajoutais :
- J'aime pas les Allemands ! Je les déteste ! Ils ont pris mon papa… Ils veulent pas nous le rendre…
J'avais mis tellement de force dans cette affirmation, que ma voix venait de se briser, comme si j'avais des sanglots.
Ma grand-mère, comprenant que ma réponse risquait de relancer la colère de mon grand-père, préféra contre-attaquer :
- Ah tu vois !... c'est malin.... avec tes cris tu l'as traumatisée... la pauvre enfant...
Je me suis rapprochée encore un peu plus du giron de mon aïeule, en me serrant bien fort contre elle, afin de narguer un peu plus mon grand-père, qui prit le parti de s'éloigner tout en continuant à pousser des exclamations et à me menacer de loin et je l’entendis préciser qu'en en cas de récidive... je verrai de quel bois il se chauffait !
Mais tout cela ne m'impressionnait pas vraiment, ils avaient beau dire tout ce qu’ils voulaient, les uns et les autres... je crois bien que je venais de déclarer ma guerre !
Jeanine Gardye

Published by Mamounette
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2 octobre 2014 4 02 /10 /octobre /2014 13:54

Un lien très utile et un compositeur tralentueux !

 

www.musicscreen.be

Published by Mamounette
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24 août 2014 7 24 /08 /août /2014 18:10

Août 1944, nous étions réfugiés ma mère, mon petit-frère et moi-même dans une ferme à quelques kilomètres d'Alençon. Nous avions déserté notre maison à cause des bombardements.

Mon père lui, avait été arrêté par la Gestapo quatre mois auparavant et emmené en allemagne.

Nous dormions dans une grange.

 

Je revois une route bordée de haies sur laquelle circulaient beaucoup de chars.

C'étaient des américains.

Ils nous lançaient des bonbons, du chocolat, des chewing-gum.

Nous avons repris la route d'Alençon, mais je suis restée chez mes grands-parents au hameau de la Boissière.

Il y avait un pré qui jouxtait la propriété de mes grands-parents, et de nombreux soldats américains y avaient établi un campement provisoire.

Je n'ai jamais su quel était leur régiment, mais ce dont je me souviens c'est que la plupart des soldats étaient très jeunes.

Ils sont restés très peu de jours, mais suffisamment pour que j'aille m'installer chaque jour contre le grillage qui me séparait d'eux, et que je reçoive comme une bénédiction les friandises que beaucoup de soldats m'offraient.

Alençon avait été délivrée par la 2ème DB du Général Leclerc, dont l'objectif était d'aller délivrer Paris.

Je venais d'avoir cinq ans !

07 alencon 1944 rue bretagne

05_alencon_1944_carrefour_rues_bretagne_candie.jpg

06_alencon_1944_gare.jpg

Published by Mamounette
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10 septembre 2013 2 10 /09 /septembre /2013 21:40

 


 

 

Published by Mamounette
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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 23:31

 


 

 

Published by Mamounette - dans amour
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15 juillet 2012 7 15 /07 /juillet /2012 16:14

Le dernier hommage rendu par ses enfants et petits-enfants, lu avec grand courage par Valérie :

 

 

Pour tes enfants et pour tes petits-enfants qui te rendent hommage aujourd‘hui....  
En leurs noms je te dis...

Papa, Papy
Un message d’amour, voilà ce que je veux pour toi.
Je veux témoigner de tout ce que tu nous as donné.
Tu as su nous élever et nous aimer dans le respect, l’équité, le partage et l’amour.
Le souvenir que je garde de toi est celui d’un père aimant, attentif, affectueux et juste.

Le souvenir d’un grand-père merveilleux, et au nom de tous tes petits-enfants, qui veulent aujourd’hui en témoigner,

Merci papi de tout cet amour que tu as su nous transmettre, de toutes ces valeurs que tu nous as enseignées.
Nous pleurons tous ensemble ton départ, ton absence et à jamais tu resteras dans nos pensées.
Tu continueras à nous guider sur les chemin de la vie.

Un amour aussi partagé pour notre maman.
Tu as dévoué ta vie entière à l’aimer, la chérir et l’assister.
Elle fût ta priorité, ton ambition, ta raison de vivre.
Ne jamais vouloir t’en éloigner.
Tu as d’ailleurs lutté contre la maladie pour rester auprès d’elle.
Je n’ai jamais connu une telle grandeur d’âme et d’amour, et je veux en témoigner ici devant DIEU.
Alors Papa, Papy, tu nous manques déjà et puisque tu ne reviendras pas,

Je te fais la promesse d’aimer et accompagner Maman pour perpétuer l’amour que tu lui as donné.
Tu nous as fait don de la vie, nous serons dignes de toi.

    Vole, mon père, ma douleur,
    Quitte ton corps de misère,
    Qu’enfin ta souffrance cesse.
    Lâche tes heures épuisées,
    Va rejoindre l’autre rive,
    Celle des fleurs et des rires,
    Celle que tu voulais tant de ta vie d’enfant,   

     retrouver ta maman
   
    Vole, tu l’as mérité,
    Va rejoindre la lumière,
    Deviens souffle, sois Colombe
    Pour t’envoler auprès de Julie

    Repose en paix Papa, Papy
    Au nom de nous tous je le dis :  On t’aime ...

Published by Mamounette
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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 11:24

hibiscus.jpg

8 janvier 2011 6 08 /01 /janvier /2011 12:20

clipart-image-dessin-banniere-bonne-annee-2011.png

Published by Mamounette - dans nouvel_an
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24 septembre 2010 5 24 /09 /septembre /2010 23:46

Cela ressemble à une poterie ancienne !

 

En fait c'est un nid de guêpe maçonne !

 

nid-guepa.jpg

Published by Mamounette - dans insectes
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10 septembre 2010 5 10 /09 /septembre /2010 16:08

Chagrins d'amour...

Déceptions sentimentales...

Orgueil...

Se confondent parfois !

 

Ce n'est pas parce que l'on a été blessé...

Qu'il faut griffer ceux qui nous aiment !

Ils n'y sont pour rien !

(jgl)

 

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Published by Mamounette - dans amour
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Ici les Neurones sont Rois !  
Toutefois... décimés par une inexplicable épidémie...
Ils se raréfient !
Dès qu'il y en a un qui disparaît, il n'est pas remplacé !

"Cela fera de la place pour les autres..."
Pourriez-vous argumenter !
Je m'inquiète quand même !
Donc... Afin d'éviter que le Royaume ne soit à brève échéance,
Totalement déserté par ses sujets,
Je ne vois plus qu'une seule solution !
Il faut les maintenir en éveil, avec des perfusions d'humour,
et l'injection de massives doses d'amour !

 

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